Votation du 19 mai 2019 sur la Loi sur les armes: « Propagande d’État » au DDPS ?

  • voir également la lettre ouverte de Frank Leutenegger à Madame la conseillère fédérale Viola Amherd datée du 26.04.2019 en deuxième partie de cette page
  • suivi de la reprise de l’article de Jeferson du mois de février 2019, en réplique à la conférence de presse de Madame la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter du 14.02.2019, et dont le contenu a gardé tout son actualité au vu de ses déclarations récentes au nom du Conseil fédéral 

Votation du 19 mai 2019 sur la Loi sur les armes: « Propagande d’État » au DDPS ?

Notre lecteur « Jeferson » (nom connu de la rédaction) nous prie de publier son message au chargé de la communication du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS).

Destinataire: M. Marco Zwahlen

Via: kommunikation@gs-vbs.admin.ch

Monsieur,

Je n’aime pas traiter quelqu’un de menteur, à plus forte raison quand je ne connais pas la personne ni ses motivations.

Un ami amateur d’armes m’a relayé un document que vous avez apparemment rédigé et signé (voir copie en annexe). Si tel n’était pas le cas et qu’il devait s’agir d’une usurpation d’identité, je vous prierais d’excuser le présent courriel et de le considérer comme nul et non avenu.

Pour l’heure et tant que je n’ai pas d’autres informations, je tiendrai pour acquis que vous êtes l’auteur du fichier .pdf intitulé « 20190418 – La révision de la loi sur les armes ne vise pas les armes militaires – Confédération suisse.pdf« .
Par idéologie, par désinformation, ou par souci de conserver votre gagne-pain, vous avez énoncé un certain nombre de « contre-vérités » (et c’est peu dire!).

Je me permets donc relever dans les lignes ci-dessous toutes les erreurs techniques, juridiques et factuelles dont vous êtes (jusqu’à plus ample informé) responsable. J’espère que vous êtes conscient des responsabilités que vous prenez dans cette campagne en diffusant sous couvert officiel de fausses informations.
J’exige par la présente – dont vous recevrez copie par recommandé – que vous publiez un rectificatif par les mêmes canaux dont vous avez usés pour envoyer votre immonde propagande.
Fort du soutien des associations dont je fais partie – et qui relayeront nos échanges -, je n’hésiterai pas à actionner tous les moyens légaux pour obtenir réparation.

1. « cette révision n’a aucune conséquence sur la reprise d’armes militaires »

La première conséquence, c’est que le militaire qui garde son arme à la fin de son service n’en est plus propriétaire, mais seulement, provisoirement, le détenteur. Il ne peut la conserver – comme toutes les armes de sport – qu’à condition de pratiquer régulièrement du tir ou d’être inscrit dans un club. On notera à ce propos que n’importe quel durcissement pourra être ajouté dans l’Ordonnance, au mépris des règles les plus élémentaires de la démocratie.
Bref, le jour où cette personne cesse le tir, que ce soit pour raison d’âge, de santé ou de voyage à l’étranger par exemple, elle devra se séparer de ce qui n’est plus vraiment son bien. Il sera impossible de garder une arme, et extrêmement difficile de la transmettre à ses héritiers.

La première conséquence concrète de cette révision, c’est que désormais l’arme militaire que le DDPS remet à ses ex soldat sera reprise plus tard. Comme nous le chantonnions enfants:  » donner c’est donner, reprendre c’est voler« . Outre que le DDPS fera donc partie des voleurs, cette politique aboutira rapidement à un désarmement massif de la population, et vous le savez.
 

2. « La directive de l’Union européenne (UE) sur les armes a été remaniée dans le contexte des attentats terroristes en Europe ; elle porte principalement sur les armes à feu semi-automatiques ayant des chargeurs de grande capacité. La dangerosité de ces armes vient du fait qu’elles permettent de tirer plusieurs coups sans devoir recharger. L’objectif est donc de restreindre l’accès à ces armes et d’améliorer l’échange d’informations en la matière au sein de l’espace Schengen. »

Si faire des amalgames douteux était une discipline olympique, la Suisse aurait grâce à vous enfin des médailles! Aucune arme d’épaule semi-automatique n’a jamais été utilisée pour commettre un attentat en Europe. Aucune arme légale non plus. La nouvelle loi restreindra l’accès aux armes légales, c’est-à-dire qu’elle n’aura aucun effet sur les auteurs d’attentats.
Jeune tireur, je me baladais à 16 ans déjà avec un Fass57, avec des chargeurs de 24 coups et même une plaquette réversible qui permettait de mettre l’arme en full auto. La dangerosité d’une arme ne vient à coup sûr pas de la capacité de son magasin, et encore moins de son mode de fonctionnement. Mais tout bonnement de la personne qui l’utilise.
 

3. « Cette nouvelle directive s’applique à tous les États membres de l’espace Schengen dont fait partie la Suisse. Le Conseil fédéral et le Parlement ont par conséquent modifié la loi sur les armes. Le Conseil national a adopté la révision partielle par 120 voix contre 69 et 4 abstentions. Le Conseil des États s’est quant à lui prononcé en faveur du texte par 34 voix contre 6 et 5 abstentions. S’opposant à cette révision, la Communauté d’intérêts du tir suisse (CIT) a lancé le référendum et récolté 125 000 signatures valables. »

La Tchéquie a un recours pendant auprès de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour discrimination et l’Italie vient de réintroduire l’équivalent de la « Castle Doctrine ». Cette application de la directive semble bien inégale, ce que vous vous gardez de mentionner. On se demande bien pourquoi…
4. « Étant une arme semi-automatique, le fusil d’assaut de l’Armée suisse a aussi focalisé l’attention dans le cadre des débats autour de cette votation. La position de la ministre de la Défense Viola Amherd est claire : Avec cette révision de la loi sur les armes, rien ne change pour le tir militaire et les armes d’ordonnance conservées à la fin des obligations militaires. »

Le fusil d’assaut de l’armée suisse n’est semi-automatique qu’après sa « privatisation ». Tant que son « propriétaire » est astreint au service, il dispose d’une arme qu’il est possible d’utiliser en mode automatique (full-auto). Mais bon, vous n’en êtes plus à une approximation près.
D’autre part, dire que rien ne change est tout simplement mensonger. Je possède comme beaucoup de mes congénères un Fass57 qui n’est enregistré nulle part. Dans leur sagesse, les autorités militaires de l’époque avaient jugé que le risque qu’un fichier tombe aux mains d’un éventuel ennemi n’était pas supportable et ces informations ont dans une large mesure été détruites.
Avec la nouvelle loi, les citoyens qui possèdent des armes militaires, parfaitement légales au demeurant et dans leur famille depuis des décennies, auront trois ans pour les déclarer. Une fois la déclaration faite, ces personnes devront pratiquer régulièrement le tir pour conserver ces armes. Faute de quoi elles devront les revendre (à supposer qu’un marché existe) ou s’en séparer d’une manière ou d’une autre. On passe d’une arme détenue parfaitement légalement à une arme qui sera confisquée dans six ans. Ce qui signifie apparemment pour Mme Amherd et pour vous que « rien ne change ». En êtes-vous sûr?

5. « En tant que membre de l’espace Schengen, la Suisse a pu participer aux travaux de révision de la directive sur les armes et influer sur le résultat. En s’alliant avec d’autres États, elle a ainsi pu empêcher toute une série de réglementations plus radicales. La possibilité d’acquérir ces armes à feu semi-automatiques à la fin des obligations militaires fait partie des traditions de notre pays et ce type d’armes est indissociable du tir sportif. Le Conseil fédéral a fait en sorte que la dérogation qu’il avait obtenue en 2004 de l’UE lors de la conclusion de l’accord de Schengen (Procès-verbal des négociations sur l’accord, p. 509 s.) soit maintenue lors de la modification de cette directive. « 

Le Conseil fédéral se contrefiche des amateurs d’armes puisqu’il leur a menti en 2005 lors de la votation sur Schengen. La brochure explicative indiquait que les craintes des tireurs, chasseurs et collectionneurs que la loi fasse l’objet d’un durcissement étaient sans objet. Et 14 ans plus tard, la preuve de ce mensonge est là. Les directives de l’UE font l’objet d’une révision tous les cinq ans. Cette directive 17/853 sera donc révisée en 2022.
Êtes-vous en mesure de garantir que les amateurs d’armes suisses ne subiront aucun durcissement de la loi en 2022? Qu’il n’y aura pas d’interdiction pure et simple des armes semi-automatiques, ou des tests psychologiques des détenteurs d’armes, voire une limitation à 12 armes comme en France ou en Allemagne?
Vous savez que vous ne pouvez nous apporter aucune garantie, et que dans trois ans à peine ces prétendues dérogations seront très vraisemblablement caduques.

6. « Il sera donc toujours possible de conserver les armes d’ordonnance et de les utiliser ; les personnes qui en possèdent déjà une ne verront aucun changement. De même, il sera toujours possible d’utiliser des armes à feu semi-automatiques munies d’un chargeur de grande capacité (comme le fusil d’assaut) pour pratiquer le tir sportif dans notre pays. Comme cela a été le cas jusqu’ici, aucun test médical ou psychologique n’est nécessaire. Un registre central des armes n’est pas non plus prévu. »

Il sera possible pendant trois ans encore de conserver des armes d’ordonnance (quid des autres armes?), plus en tant que propriétaire mais seulement, provisoirement, de détenteur. Et il ne sera plus « possible de les utiliser », mais obligatoire de pratiquer régulièrement le tir pour les conserver. C’est ce que vous appelez là aussi « aucun changement » ?
Nous avons vu plus haut qu’il vous est impossible de garantir que des tests médicaux ou psychologiques ne seront pas introduits dès 2022.

Enfin, s’il n’y aura pas de registre central des armes en Suisse, celui-ci sera européen et lié au SIS.

Comme vous le voyez, vos arguments sont bien faibles et à tout le moins partiaux. J’exige donc que vous fassiez parvenir copie de cette réponse à tout le personnel du DDPS à qui vous aviez envoyé votre lamentable « propagande d’État », et ce dans un délai raisonnable d’une semaine, afin que votre personnel puisse en prendre connaissance avant la votation.

En tant que fonctionnaire, non seulement vous êtes redevable aux citoyens de ce pays, mais vous n’avez pas à intervenir en relayant des informations fausses ou incomplètes en pleine campagne de votations. Quel que soit la raison de votre prise de position, la façon dont vous l’avez rédigée et distribuée est ignoble. Et inacceptable.

Avec mes salutations courroucées,

« Jeferson » (nom connu de la rédaction), le 25.04.2019

 

Lettre ouverte de Frank Leutenegger, Chemin de la Compelenaz 16, 1608 Oron-le-Châtel

à Madame Viola Amherd
conseillère fédérale en charge du Département de la défense, de la protection de la population et des sports
Palais fédéral est
3003 Berne

Concerne: votation sur la loi sur les armes

Oron-le-Châtel, le 26 avril 2019

Madame la Conseillère fédérale,

Monsieur Marco Zwahlen a récemment publié un communiqué officiel du DDPS, prenant position sur la loi sur les armes, à propos de laquelle nous allons voter le 19 mai. Monsieur Zwahlen y affirme d’emblée que cette révision n’a aucune conséquence sur la reprise d’armes militaires (au passage il traite cette arme de « semi-automatique, alors qu’elle ne le devient que lorsqu’un soldat la conserve après ses obligations).

Ce document est rempli de demi vérités. En particulier, il ignore totalement deux points importants.

Le soldat qui conserve son arme « démilitarisée » pourra en faire usage pour le tir, certes, mais dès qu’il s’en séparera, que ce soit par héritage, don ou vente, son fusil deviendra une arme interdite soumise à autorisation exceptionnelle.

Une arme interdite est… « interdite. Et il est interdit de posséder des objets interdits. Une dérogation exceptionnelle ne représente qu’un privilège accordé à une personne, privilège qui peut lui être retiré à tout moment

Voila pour ces points, mais le plus important, Madame la Conseillère fédérale, c’est que le DDPS apporte ainsi une recommandation de vote à tous les officiers de l’armée. Certains m’ont même confié qu’ils craignaient des représailles, s’ils faisaient état de leur indignation.

L’entrée en campagne du DDPS, dans un domaine qui concerne un autre département me paraît aller à l’encontre des coutumes de ce pays. Il me semble que nous entrons dans une ère de propagande d’Etat inquiétante.

Par ailleurs, je vous rappelle, Madame la Conseillère fédérale, que nous devrons nous prononcer sur l’achat d’un nouvel avion de combat. Et si nos armes sont mises en danger, je crains que vos avions ne le soient aussi.

Veuillez recevoir, Madame la Conseillère fédérale, l’expression de ma haute considération.

(sign. Frank Leutenegger)


Reprise de l’article de Jeferson, février 20109

Ce jeudi 14 février 2019 en conférence de presse, notre nouvelle Conseillère fédérale, Mme Karin Keller-Sutter (KKS pour les intimes) nous a gratifié d’un certain nombre de poncifs éculés sur la Suisse et les armes, et surtout d’un grand nombre de mensonges purs et simples.

1er mensonge :
« personne ne sera privé de son arme », « la révision ne remet pas en cause la tradition suisse du tir ».
Pourquoi diable modifierait-on une loi si elle ne change rien ? La réponse est dans la question. Cette loi change beaucoup plus de choses que ce que notre Conseillère fédérale prétend.
Certes, dans un premier temps, les exercices fédéraux seraient maintenus. Mais les directives européennes sont révisées tous les 5 ans. Si le peuple devait accepter la transcription de cette directive 17/853 dans le droit suisse, il conviendra de reprendre toutes les autres. Le prochain durcissement est programmé pour 2022, et il ne fait aucun doute qu’à cette occasion l’UE balayera toutes les « concessions » qui auront été faites dans la directive 2017. De fait, l’interdiction des armes semi-automatiques est non seulement prévue, mais également l’introduction de tests psychologiques, des limitations en termes de nombre d’armes et de cartouches et toutes les chicaneries administratives que connaissent nos voisins.

2e mensonge :
« la révision améliorera la sécurité ».
Les criminels par définition, ne respectent pas les lois. La Suisse est le 3e pays le plus armé au monde, mais aussi le plus sûr. La mise en place de toute forme de prohibition entraîne automatiquement des effets pervers, qui vont à l’encontre du résultat souhaité. Une loi plus restrictive ne pénalise que les honnêtes citoyens, et crée au final plus d’insécurité : le marché noir et tous ses trafics se développent.

 

3e mensonge :
« le système d’information Schengen est indispensable ».
Ce fameux SIS fonctionne très mal. Dans certains cantons il a fallu des années pour que la collaboration avec les polices étrangères soit au mieux « satisfaisante ». Et il reste la question fondamentale de savoir comment nous faisions avant. Faut-il croire que les services d’Interpol ou d’Europol ne fonctionnaient pas ? On notera que cette collaboration est toujours très imparfaite : il suffit de rappeler ces employés de l’aéroport de Genève pour lesquels la France refusait de livrer des données. S’il est bon dans certains cas de respecter les droits de la personne, que penser de cette « coopération » qui fait qu’un aéroport suisse peut potentiellement engager des islamistes ?

On nous dit également que « grâce au SIS, la police suisse arrête en moyenne une personne par jour ». Les rares chiffres en notre possession nous montrent que les garde-frontières en arrêtaient 110 par jour (source: www.swissinfo.ch/fre/explosion-des-arrestations-aux-frontières-suisses/257124 ). Que penser d’un système que l’on nous vend comme parfait et indispensable, mais qui est 100 fois moins efficace que de simples contrôles aux frontières ?

4e mensonge :
« la directive rendra plus difficile l’accès aux armes susceptibles de faire beaucoup de victimes ».
Les armes qui font le plus de victimes sont celles des terroristes. Il s’agit d’armes automatiques illégales, issues de trafic, et surtout déjà interdites. En pratique, la loi prévoit de limiter les chargeurs des armes longues semi-automatiques à 10 cartouches, respectivement 20 pour les armes de poing. Et de passer ces armes dans la catégorie des armes interdites, celles qui nécessitent un permis d’achat exceptionnel (PAE), délivré au bon vouloir des polices cantonales, ce qui surtout oblige le propriétaire de ce type d’arme à se soumettre à tous les contrôles décidés par les autorités.

Il est évident que seuls les honnêtes citoyens seront pénalisés par ce surcroît de travail administratifs, et par des frais supplémentaires.

Depuis le 13 novembre 2015, toute la presse nous ressasse ces « armes semi-automatiques comme celles utilisées lors des attentats de Paris ». C’est là aussi faux : les terroristes ont utilisé des armes automatiques (full-auto), pas des semis. Il faudrait donc interdire les semi-auto parce qu’à Paris des armes full-auto (de toute façon interdites) ont été utilisées.
C’est bien dans la lignée de cette société ultrasécuritaire qui voudrait qu’on limite les autoroutes à 60 km/h pour tout le monde, parce qu’on y a vu un jour un chauffard à 200 km/h.

Bref, cette loi ne concerne ni les criminels, ni les terroristes, elle est mensongère, inutile, spoliatrice et dangereuse.

 

5e mensonge :
« des dispositions sont prévues pour les collectionneurs et les musées ».
La loi prévoit de faire des exceptions, mais personne ne sait encore lesquelles. Les juristes de la Fedpol pourront proposer n’importe quoi dans l’Ordonnance, et il sera trop tard pour se plaindre d’avoir été trompé. Il est probable que les modalités d’application varieront selon les cantons. Si le petit collectionneur ne devra peut-être pas tout-de-suite s’acquitter de 20 fois fr. 150.- pour 20 armes semi-automatiques, comment feront ses héritiers ? Des collections entières risquent de perdre énormément de valeur marchande, voire de disparaître. C’est un facteur de plus qui pourrait bien pousser certains à passer dans l’illégalité.

 

6e mensonge :
« rien ne changera pour les chasseurs ».
Comment peut-on l’affirmer, puisque personne ne peut dire quelles interdictions supplémentaires figureront dans la directive 2022 ? Dans 3 ans, il est plus que probable que les chasseurs subiront un certain nombre d’interdictions et seront touchés de plein fouet.
Le Conseil fédéral avait affirmé en 2005 lors de la votation sur Schengen qu’il n’y aurait pas de durcissement. Mais 14 ans plus tard, on doit bien constater qu’il nous a menti. Au vu de ce qui précède, nous n’avons aucune raison de penser qu’il cesse de nous mentir. Pire : il nous promet des choses sur lesquelles il n’a aucun contrôle.

 

A ce stade, il convient de détailler certains aspects techniques de la loi :

– le premier point qui pose problème, c’est l’enregistrement rétroactif de toutes les armes. D’abord parce que c’est anticonstitutionnel, le peuple l’avait refusé le 13 février 2011. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est un changement fondamental du statut de l’arme : elle devient potentiellement confiscable. Le propriétaire n’est plus que détenteur, provisoirement, de ce qui était jusque-là son bien. Il n’ose la détenir que tant qu’il est en mesure de l’utiliser. C’est la fin du droit de propriété, et c’est une première. Que les propriétaires de maisons se posent la question : et si l’état décidait de confisquer les maisons des personnes lorsqu’elles ne peuvent plus y habiter ? Ne rigolez pas : on y arrive, entre les frais des homes à payer et les nouveaux migrants à loger.

– le 2e point, c’est cette obligation de prouver une pratique régulière du tir ou d’adhérer à un club. Cela va à l’encontre de la liberté d’association, pourtant garantie par la Constitution. La Fedpol gouverne par ordonnance, ce qui lui permettra de durcir à loisir les conditions.
On l’a vu avec le permis de port d’arme. Un droit citoyen est devenu au fil des ans un privilège, et n’est pratiquement plus jamais accordé. Même un bijoutier attaqué à de multiples reprises se l’est vu refusé.

– 3e point : rien n’est réglé pour les collectionneurs et les armes anciennes. Combien de Vetterli, combien de Schmidt-Rubin 1889, des armes pour lesquelles il n’existe plus de munitions depuis un siècle, traînent chez les particuliers ? Ces souvenirs des ancêtres devront être déclarés dans les 3 ans. Celui qui aura cru bon de respecter la loi devra prouver ensuite qu’il pratique régulièrement le tir (avec une arme qui ne tire pas !), faute de quoi des confiscations suivront. Les mondialistes s’attaquent directement à notre histoire, à nos souvenirs et à notre devoir de mémoire.

– 4e point : le passage des armes semi-automatiques dans la catégorie des armes interdites va obliger leurs propriétaires à demander des PAE. Outre l’énorme travail administratif, ce sont des taxes qui vont être perçues, des armes qui perdent de leur valeur, et autant de risques que des armes « disparaissent » pour qu’elles ne soient pas un jour confisquées. L’augmentation du marché noir et de la criminalité est programmée.

– 5e point : l’application de la directive va obliger la Suisse à fournir toutes les données en rapport avec les armes pour alimenter le SIS. Donc les polices de 29 pays vont connaître l’état exact des stocks d’armes chez les particuliers. Ces pays pourront discriminer sélectivement les propriétaires d’armes lors de contrôles aux frontières par exemple, et ces données circuleront très librement. Pour rappel, un certain nombre de ces données ont été piratées en 2012 au Danemark. Le SIS amène peut-être plus de sécurité, mais pour qui ? Parmi les pays qui ont accès au SIS figurent la Roumanie, la Hongrie, la Grèce ou la Bulgarie par exemple, que Tansparency.org classe entre la 61e et la 77e place, alors que la Suisse est 3e des pays les moins corrompus.

– 6e et dernier point : avec la capacité des magasins, l’UE s’attaque – comme par hasard – directement aux armes les plus utilisées par la grande majorité des tireurs helvètes, à savoir nos fusils d’assaut 57 (24 cartouches) et Fass90 (30 coups). La directive impose de brider ces armes avec des chargeurs de 10 coups. Outre que ces chargeurs 10 coups ne sont pas encore répandus et qu’ils risquent d’être très chers, force est de constater que les terroristes ont 30 coups dans les magasins de leurs Kalachnikovs (non déclarées…). Pourquoi le brave citoyen, dernier rempart contre la barbarie, devrait-il être pénalisé ? Quelle est donc la logique perverse de ces « élites » européennes qui ont décrété qu’il fallait accorder un avantage tactique aux terroristes ?

Passons sur la situation chaotique des lois nationales sur les armes dans l’UE. Fait symptomatique, la Cour de justice de l’Union européenne doit encore se prononcer au sujet d’une plainte de la Tchéquie. Ce pays a une industrie armurière qu’elle défend, et autorise le port dissimulé. Les citoyens honnêtes qui en font la demande peuvent porter une arme chargée sur eux, à condition qu’elle ne soit pas visible. Cela semble impensable ? Pourtant, jusqu’en 1995 dans toute la Suisse et même 1999 dans 14 cantons, le port d’arme était entièrement libre, et notre pays n’était pas à feu et à sang.

Bref, pour en revenir à la Tchéquie – qui est soutenue par la Pologne – pourquoi la Suisse devrait-elle faire le forcing pour mettre en œuvre cette directive, alors qu’une décision de justice est pendante ?

En conclusion :

Mme Keller-Sutter a beau clamer que « personne ne devra rendre ses armes ». Si personne ne sera désarmé dans l’immédiat, tout est mis en place pour qu’un pouvoir centralisé fort, national ou international, dispose à l’avenir de toutes les données nécessaires pour désarmer l’ensemble de la population.

L’Europe s’est construite contre la volonté des peuples. Que ce soit les Danois en 1992 et en 2000 (Maastricht et l’euro), les Français et les Hollandais en 2005 (Constitution), les Grecs en 2015 (sortie de l’euro), les Irlandais en 2001 et 2008 (traités de Nice et de Lisbonne), ou les Suédois en 2003 (euro), les rares citoyens qui ont pu s’exprimer démocratiquement ont refusée de rejoindre l’Europe. Ces volontés populaires ont été ignorées (référendums consultatifs), et trois fois (Hollande et Irlande), les citoyens ont dû revoter jusqu’à ce que le résultat corresponde à celui voulu par les « élites ». Après c’est fini, on ne vote plus.

Il serait souhaitable que la Suisse reste à l’écart de ces « démocratures ». La meilleure façon de s’en assurer, c’est de refuser la nouvelle loi sur les armes telle que la propose le Conseil fédéral. Parce qu’en définitive, le sujet n’est pas de savoir si on « aime » ou non les armes, si on souhaite en posséder ou non, mais bien si d’obscurs fonctionnaires à Bruxelles peuvent désormais pondre des lois que la Suisse sera obligée de reprendre, au titre des acquis de Schengen et de ces « échanges de notes ».

La réponse le 19 mai doit être non. Sinon, à la suite de la directive 17/853 sur les armes, nous serons obligés de reprendre nombre de textes dans tous les domaines. Ce qui aboutira à aligner le droit suisse sur le droit européen. Les prochaines victimes de cette marché forcée vers l’UE seront les salaires, les banques cantonales, les budgets de l’aide sociale, les chômeurs, le droit d’asile, les transports et même la nourriture (étiquetage des denrées par exemple). Saviez-vous que sous pression de la France, il est interdit d’indiquer le mode d’abatage sur les étiquettes ? Les Européens ne peuvent choisir s’ils veulent acheter de la viande hallal ou non !

Être contre la violence et contre les armes est bien dans le ton de cette époque où on se cache les yeux pour ne pas voir la réalité. Quelle est cette réalité ? Certains pays d’Europe sont au bord de la guerre civile. La France a un tel taux d’agressions, de home jackings et de violence que, statistiquement, 45 états des États-Unis connaissent moins de violence que la France.

Le jour où cette violence débordera nos frontières (les exactions des samedis soir se constatent surtout à Genève et à Bâle, comme c’est bizarre !), tous les braves bobos qui sont aujourd’hui contre les armes souhaiteront en avoir une. En cas de crise grave, la meilleure et la plus douce des mères sera capable de tuer pour donner un quignon de pain à son enfant.

Être contre la violence et contre les armes en temps de paix est aussi courageux que d’être végétarien entre les repas !

Jeferson,  février 2019

1 Comment

  1. Il y a un élément qui me semble manquer : Selon le temps, « la réforme de la loi touche les tireurs disposant d’un fusil semi-automatique dont la longueur peut être raccourcie à moins de 60 cm – quelle que soit la capacité de son magasin. » Ce qui signifie que la Conseillère fédérale a menti puisque tous ces détenteurs seront désarmés (par exemple les détenteurs de Sig 553).

    https://www.letemps.ch/suisse/lue-veutelle-desarmer-suisse

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