NoGuns ? NoPlanes ! – Le resserrement du Rütli

  1. No Guns ? – No Planes ! – Le resserrement du Rütli

par Jeferson, octobre 2018

Parmi les fondateurs de NoGunsNoPlanes, on trouve sans surprise un certain nombre d’amateurs d’armes. Votre serviteur est ainsi un peu tireur et collectionneur. Le hasard veut que mon club de tir au pistolet ait été invité à participer cette année au 81e tir du Rütli, ce dimanche 21 octobre, sur la prairie mythique. Je passe sur le déroulement de cette journée qui ne pourrait intéresser que les spécialistes, pour en arriver au point d’orgue de cette manifestation: la remise des prix, et surtout le discours qui l’a précédé. L’armée suisse avait envoyé pas moins que le divisionnaire Bernhard Müller, commandant des Forces aériennes au Rütli.

Devant un public d’un millier de personnes environ (900 tireurs et quelques accompagnants), en principe majoritairement patriotes et acquises à la cause, monsieur le divisionnaire est venu nous parler d’avions.  De ce crédit de 8 milliards pour ses nouveaux jouets, de l’intérêt de voter sur le principe et de laisser décider les professionnels, de la répartition de cet argent entre radars, avions et autres systèmes, et des tests qui auront prochainement lieu en Bavière. Technique, factuel, monsieur le divisionnaire maîtrise son sujet. À la différence de Parmelin lors de l’assemblée générale de proTELL, il s’est bien gardé d’évoquer le référendum et la directive européenne sur les armes.

Je venais de retrouver un vieux copain à qui j’avais filé une dizaine de cartes et d’autocollants, sachant qu’il en ferait bon usage. Nous étions donc à une quinzaine de mètres du divisionnaire, à écouter son discours parfaitement policé. Avec nos cartes et nos autocollants en main. Je regardais le divisionnaire, mes cartes, mon copain… On s’est compris d’un regard. Le sien disait : « tu es gonflé, mais bonne chance ! ». C’était totalement improvisé, mais je n’ai pas pu faire autrement. Je me suis glissé discrètement au milieu des officiels, et après un moment j’ai donné négligemment deux cartes et deux autocollants à l’officier (d’aviation aussi) qui « protégeait » le divisionnaire. Je suis reparti tranquillement rejoindre mon équipe.

À ce stade de l’histoire, je tiens à préciser que je respecte monsieur le divisionnaire Müller, un aviateur, pour sa connaissance inévitable du risque et son sens de l’engagement.

Ce qui n’empêche pas vu son discours que j’ai jugé sur le moment nécessaire de lui infliger cette petite « piqûre de rappel » pour qu’il se souvienne que la Suisse est une démocratie, qui fonctionne grâce à un système de milice, symbole de la confiance de l’État envers le citoyen et des devoirs du citoyen pour son pays.

Faut-il que l’armée soit tombée bien bas pour devoir faire de la retape auprès de 1000 personnes seulement, en évitant aussi lâchement les sujets qui fâchent ?
Monsieur le divisionnaire veut ses avions ? Personnellement je n’ai absolument rien contre. Mais ce sera donnant-donnant.


Si les lois dictées par Bruxelles en venaient à désarmer les honnêtes citoyens suisses, privant l’armée de son premier échelon de défense, cela signifierait que ce pays est foutu.

Et que nous n’avons pas besoin d’avions.

 

Jeferson, octobre 2018

(Images: NGNP)

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