La directive UE 2017/853 n’est pas une fatalité – disons non, en toute simplicité

La directive UE 2017/853 n’est pas une fatalité – disons non, en toute simplicité
par Bruno Buchs, 26.07.2017

La tactique du Conseil fédéral par rapport à la reprise de nouveaux « acquis » de l’UE est bien connue.

Nos grands négociateurs vont à Bruxelles pour se faire entendre dans le processus d’élaboration de telle ou telle nouvelle Directive européenne.

Par politesse et en vertu des mécanismes  prévus dans les accords bilatéraux, l’UE écoute la Suisse et peut même faire de petites concessions de-ci de-là, toutefois sans jamais toucher aux points essentiels de ce que l’Europe juge bon pour ses états membres et ses « colonies » liées par des accords.

Lors de leur retour en Suisse, ces petites concessions passent par une sorte de « Chamberlainisation ». Notre gouvernement présente alors ce qui a été concédé par l’UE comme un très bon résultat pour la Suisse. Et dans la foulée, on explique au parlement et au brave peuple qu’il est impossible d’aller plus loin, que l’on ne peut pas demander plus ou dire non en bloc à telle ou telle nouvelle directive, au risque de faire capoter l’accord cadre, p.ex. Schengen, ou pire encore, bloquer d’autres négociations avec l’UE, voire compromettre le futur accord institutionnel avec l’UE « qu’il faut absolument conclure » (nota bene : parce que l’UE l’exige) pour préserver le bilatéralisme et ses bienfaits pour la Suisse.

Ainsi, de génuflexion en génuflexion devant une Europe peu démocratique, la Suisse saborde elle-même, par manque de courage, l’essence même du vivre ensemble confédéral helvétique, c’est-à-dire les droits démocratiques, l’autonomie législative, le pouvoir suprême du peuple, l’indépendance de notre justice, les libertés individuelles, etc, etc.

Mais ce n’est pas une fatalité.

La Suisse peut parfaitement dire à l’UE que nous ne voulons pas de cette directive UE 2017/853.

Et si par correction on voulait donner une explication à Bruxelles on expliquerait que notre sécurité est parfaitement assurée, par nos propres dispositions nationales. Par conséquent, les accords actuels avec l’UE sont suffisants.

Les accords de Schengen tomberaient-ils? –  C’est très improbable car l’UE est certainement bien plus intéressée que la Suisse à les maintenir.

Pour opposer à Bruxelles un « non en bloc »,  le Conseil fédéral et le Parlement Suisse devront, exceptionnellement, faire preuve de courage.

A défaut, c’est le peuple qui dira non à Bruxelles.

En toute simplicité.

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