Genève, élections du 28 mars. NON à Maudet, baron de Münchhausen genevois, OUI au vrai changement avec Nidegger.

par Bruno Buchs, le 19 mars 2021

Partager la même république ne signifie pas que nous partagions les mêmes idéaux.

Si l’inéligibilité n’existe pas chez nous, c’est que le bons sens citoyen se suffit à lui même comme garant de l’éthique de nos politiques.

Œuvrons à ne pas rendre ce trait culturel désuet.

Dans la République et Canton de Genève, un «Conseiller d’état indépendant», grand orateur loquace et imaginatif, adepte des méthodes de management efficaces – bien qu’un peu tombées en désuétude après-guerre -, se présente à sa propre succession au Conseil d’état.
C’est que malgré ses déboires, le capitaine du sauvetage Maudet reste persuadé qu’il est le seul qualifié pour sortir la République de la situation déplorable dans laquelle elle se trouve depuis des lustres.
Comprenez, les dix années de sa magistrature dans la Tour n’ont pas suffi, il doit y consacrer, comprenez-le donc, toute sa vie. Cela est son destin, et, admettez-le enfin, le nôtre !

Mais avant cela, tel le baron de Münchhausen, qui se sauva de la noyade en se soulevant lui-même par les cheveux, il doit réussir à s’extirper de la mare infectée dans laquelle il s’est enfoncé, par mégarde, sans faire exprès, et bien entendu, vous le savez bien, avant tout accablé par la mauvaise foi de ses détracteurs.

On a osé le condamner.
Pour des broutilles comme disent certains alors que d’autres le dédouanent en déclarant que «ceux qui ne font rien ne se trompent jamais».

Oui, on a osé le condamner, LUI , Pierre Maudet, l’homme qui aurait accédé au Conseil fédéral, si seulement à Berne ils n’avaient pas fait le mauvais choix (?) et que certains milieux, dont ceux des tireurs et collectionneurs d’armes n’avaient pas mis le holà.

Bref, il a fait appel de sa condamnation à 300 jours-amende avec sursis et au versement d’une créance compensatrice de 50’000 francs, soit la valeur estimée du fameux voyage à Abu Dhabi.

Souhaite-t-il que le peuple (et pas seulement sa clientèle) passe l’éponge, comme si rien ne s’était passé, comme s’il avait toujours communiqué en toute transparence, comme s’il n’avait pas provoqué une crise gouvernementale dont la République se serait bien passée et comme s’il pouvait à nouveau exercer de hautes fonctions gouvernementales avec le soutien des fonctionnaires, des autres Conseillers d’état et du peuple ?
Plus encore, souhaite-il que l’amnésie collective lui profite comme s’il n’était pas la cause d’une élection complémentaire dont on se serait bien passé en période de pandémie, et de deux passages aux urnes qui coûtent une fortune ?
Fortune puisée dans l’argent que d’honnêtes gens ont d’abord dû gagner par leur travail pour payer leurs impôts, eux.

Voici un «petit» exemple (est-il représentatif d’une certaine façon de procéder ?) du pourquoi nous ne voulons plus voir cet homme aux commandes d’un dicastère à Genève :

Depuis des années, des citoyens genevois essayent de faire comprendre à Maudet, anciennement en charge de la sécurité, que la pratique restrictive en matière d’octroi des permis (PAA) d’acquisition d’armes à Genève n’a aucune justification au niveau de la sécurité.

A Genève, pour les ventes d’armes entre privés (en toute légalité!), il faut débourser 50 francs pour un permis d’acquisition d’arme(s) (PAA), permis octroyé pour une seule arme, alors que dans tous les autres cantons suisse, on paye 50 francs pour un PAA valable pour 3 armes.

Qu’on ne vienne pas avec de prétendus problèmes de sécurité car toutes les armes qui changent de propriétaire (privé) moyennant un PAA sont enregistrées, sans exception, auprès du bureau des armes du canton. La police sait donc en tout temps où se trouvent ces armes.

Faut-il le dire encore plus explicitement pour que même Maudet le comprenne ?

Alors voilà: que 1, 2 ou 3 armes se trouvent auprès du citoyen respectueux de la loi A ou chez le citoyen respectueux de la loi B ne change rien au regard de la sécurité. Que ces citoyens respectueux de la loi aient payé 50 francs ou 150 francs ne change rien au regard de la sécurité.

Il est également à relever qu’il n’y a aucune limite au niveau du nombre de PAA que l’on peut obtenir (d’armes que l’on peut acquérir) si les conditions préalables sont remplies. Et si elles ne sont pas remplies, on n’obtient pas de PAA,

Autrement dit, Monsieur Maudet avait simplement mis en place une pompe à fric au prétexte de la sécurité, en utilisant une marge législative que les autres cantons n’utilisent pas (pour de bonnes raisons, voir ci-dessus), au détriment d’honnêtes citoyennes et citoyens, tout en alourdissant le travail de la police par la multiplication des PAA.

Bien sûr, le tribunal cantonal a confirmé qu’il dispose de cette marge de manœuvre au niveau cantonal et en toute logique anti-UDC, le Grand conseil a balayé la motion M2393 demandant l’abolition de cette Genferei.

Mais reste que sur le fond, le magistrat Maudet n’a jamais pu prouver d’aucune manière que la sécurité à Genève s’est améliorée avec la pompe à fric de son invention.
Cet ancien radical peut maintenant se targuer d’avoir fait des heureux chez les verts, chez les gauchistes et chez les hoplophobes de tout bord en se foutant de la gueule (les mots ne sont pas assez forts !) des tireurs et collectionneurs d’armes genevois, respectueux, eux, de la loi.

Notons également qu’il n’a aucune envie de reconsidérer sa position, ou au moins de réfléchir jusqu’au bout:

Voici la transcription d’une question simple posée au candidat Maudet sur son site www.pierremaudet.ch et de sa réponse enregistrée en vidéo :

« Pierre Maudet répond à la question de Bruno 64 ans : Si vous êtes élu … Allez-vous autoriser à Genève les permis d’acquisition d’armes à 3 lignes (permettant l’achat de 3 armes, pour un seul émolument de 50 francs), pour les ventes entre privés respectueux de la loi (extrait casier judiciaire vierge), comme cela est le cas dans tous les autres cantons suisses et comme l’autorise la législation fédérale sur les armes ?« 

Maudet nous a gratifié de ceci :
« Alors pour moi l’enjeu, c’est celui de la sécurité, c’est d’éviter des drames, de faciliter aussi le travail de la police lorsqu’elle est amenée à intervenir. Donc il faut pour ça disposer d’un registre le plus documenté possible.
Dans ce sens, je soutiens la législation fédérale.
J’avais pris des décisions sur recommandation de la cheffe de la police et mon successeur politique à la tête du département de la sécurité les a maintenu.
Je crois que c’est très clair aujourd’hui il ne faut ni durcir, ni assouplir la législation mais l’utiliser pleinement, le but restant d’éviter les drames. »

Notons que factuellement tous ses arguments sont faux :

– Toutes les armes avec PAA sont enregistrées par la police.
– Le tarif de 50 francs par arme ou pour 3 armes ne change en rien la législation, ne la durcit pas et ne l’assouplit pas.

Ce qui est vrai par contre est qu’il prend ses décision sans comprendre le fond du problème et sans prendre en considération l’avis des personnes concernées, en l’occurrence les tireurs et collectionneurs d’armes de la République et Canton de Genève.

En conclusions, le 28 mars,

Maudet, c’est non (et pas que pour la question des PAA, mais c’est un exemple)

Fischer, la verte-extrémiste qui ne comprend que vélo, c’est non.

Bachmann, sortie magiquement du chapeau, mais qui ne fera aucun changement, c’est non.

Votons pour Yves Nidegger, pour de vrais changements et pour aller de l’avant, pour une Genève gérée sainement, au profit de toute la population et non de clientèles particulières.




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