Droite et gauche unies pour la soumission à l’UE (www.swissguns.ch)

Droite et gauche unies pour la soumission à l’UE


par Frank A. Leutenegger, www.swissguns.ch, le 18.03.2019

La gauche veut la nouvelle loi sur les armes, tout simplement parce qu’elle est viscéralement opposée à ce qui permet à un peuple de rester souverain. Les pays qui ont été gouvernés par des socialistes, des nationaux-socialistes ou des communistes en sont des exemples parfaits (Venezuela, Cuba, actuellement, l’Allemagne et l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS, naguère).

En Suisse, en 2001, les Verts ont déposé une motion pour interdire totalement la possession d’armes par des privés (motion Pia Hollenstein, du 04.10.2001). Quant au parti socialiste, en avril 2018, dans une plate-forme politique (?) avec des psychiatres, des femmes protestantes et des policiers (le président de la fédération des policiers s’est fait remonter les bretelles par la base, pour avoir pris cette position), il demandait « une législation stricte sur les armes, pour une Suisse plus sûre« .

A droite

Bon, la gauche et ses fantasmes totalitaires, on comprend. Mais la droite ?

Le PLR, le PDC, le PBD (issu à l’origine de l’UDC) veulent eux aussi désarmer les Suisses. Ce n’est pas pour lutter contre le terrorisme ou la criminalité, c’est tout simplement pour défendre les privilèges de l’argent. Ces femmes et ces hommes de pouvoir ne sont pas au service de la Suisse, quoi qu’ils en disent. Ils sont au service des grandes compagnies, des multinationales, qui veulent une main d’œuvre bon marché et des consommateurs prisonniers d’un système. Pour cela, il faut passer par toutes les exigences de l’Union européenne. Et tant pis pour la liberté, tant pis pour l’indépendance, tant pis pour l’honneur d’un pays et d’un peuple. Les citoyennes et citoyens suisses doivent oublier ce titre et se contenter de celui de sujettes consommatrices et de sujets consommateurs.

L’argument sécuritaire est absurde dans ce pays – très armé et très libre, comme le disait Machiavel. Le terrorisme n’est pas un réel problème ici, la criminalité non plus. Et les violences domestiques se font rarement avec les armes qu’on veut interdire. Quant à l’échange de renseignements policiers que permet Schengen, ils profite tellement plus aux pays qui nous entourent qu’à la Suisse qu’on se dit que les flics français, allemands et italiens en réclameront le maintien.


Une fable pour tromper le peuple

Il est remarquable de voir cette alliance bizarre entre une droite qui veut écraser les travailleurs, en les mettant en concurrence avec ceux de l’UE et une gauche qui prétend les défendre, mais se dit prête à composer, s’il s’agit de se plier à l’UE.

Et pour cela, on invente une fable extraordinaire: Schengen rapporte tant à la Suisse (communiqué du CF du 21.02.2018 et rapport ecoplan*), entre 4 et 10 milliards de francs par an. Il faut le crier et le répéter: Schengen n’apporte rien. C’est le travail des Suissesses et des Suisses qui crée cet argent. Celui des entreprises, celui du tourisme, etc.

Mais justement, nous dit-on, sans Schengen, les entreprises ne pourraient plus travailler avec l’Europe. Les frontaliers devraient faire des heures de queue pour entrer et sortir de Suisse. Le tourisme s’effondrerait. La perte globale est déjà évaluée à 11 milliards par an ! On a envie de sortir un gros mot, tant ces affirmation sont absurdes.

En 2017, la Suisse a exporté des marchandises vers l’UE pour 117 milliards de francs. Elle en a importé pour de 132 milliards (source). Pensez-vous que l’Europe ou la Suisse veuillent mettre à mal ce marché ? La petite Suisse, à elle seule, avec une population équivalente à celle de la ville de Paris, est actuellement le premier partenaire commercial de l’Europe.

En 2017, 315’848 frontaliers sont entrés chaque jour en Suisse pour venir y travailler. On nous dit que l’Europe bloquerait ses frontières avec la Suisse, par des contrôles accrus qui entraineraient des heures d’attente à la douane, à l’entrée et, le soir, à la sortie du pays. On parle de 6 heures par jour au moins. Sérieusement ? Le blocage serait tel que tout le système du travail frontalier s’effondrerait. La France est elle prête à enregistrer 171’000 chômeurs de plus, l’Allemagne 61’000, l’Italie 72’600 ou l’Autriche 8’000 ?

Soyons sérieux. Un arrangement serait si nécessaire que les diplomates des 4 pays concernés et les nôtres le trouveraient en quelques semaines.

Quant au tourisme, rien, absolument rien ne pourrait empêcher la Suisse de reconnaître unilatéralement la validité du visa Schengen, pour les touristes, qu’ils soient européens ou non. Les horribles « craintes » des restaurateurs et hôteliers ne sont qu’un fantasme induit par economiesuisse.

Et pourquoi renoncer à Schengen ?

Et il faut encore le crier et le répéter: la fin de Schengen n’est pas inévitable. « La non-reprise éventuelle par la Suisse d’un développement peut conduire, dans le cas le plus extrême, à une cessation de la coopération Schengen » a répondu le Conseil fédéral, en février 2016. à une question de Rebecca Ruiz (PS, Vaud). « Dans le cas le plus extrême« , précise-t-on, ce qui laisse la place à la négociation. Et pour 250 milliards de commerce et 47 milliards de recettes touristiques en Suisse, cela vaudrait la peine de négocier !

L’exemple du Brexit britannique est éloquent: depuis près de 3 ans, l’UE affirme que toute négociation est impossible. Et pourtant, on négocie toujours et la décision de Londres vient d’être reportée de 3 mois, pour de nouvelles discussion, alors que le délai officiel du divorce est depuis longtemps dépassé.

Négociation il y aura… et arrangements il y aura, car la perte (si perte il devait y avoir) serait encore plus grande pour les 28 de l’Europe que pour la Suisse (qui réalise tout de même 103 milliards d’exportations et 53 milliards d’importations en dehors de l’Europe).

On voit que ces arguments ne tiennent pas la route. Ils ne servent qu’à nous convaincre de nous plier à la volonté de Bruxelles. Et cela dans une perspective plus sombre encore: celle de l’accord-cadre que les grandes compagnies veulent nous imposer. Un accord qui supprimeraient ces particularités gênantes du système politique suisse, comme le référendum et l’initiative, un accord qui enlèverait toute autonomie aux cantons… un accord surtout, qui permettrait à l’Europe de nous inonder de ses travailleurs détachés payés au quart des tarifs suisses, de ses assistés et même de ses chômeurs. Qui aurait à y gagner, la Suisse ou les grandes compagnies internationales ?

Le 19 mai NON à la loi sur les armes… avant de dire NON à l’accord-cadre !

* ecoplan est une firme d’études, qui semble travailler exclusivement, mais à titre privé, pour les autorités fédérales

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